It’s more fun in the Philippines – Jour 5 : Batad, au cœur des rizières en terrasse

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By Mummy B.

 

Notre voyage aux Philippines nous a laissé des souvenirs inoubliables de paysages grandioses et uniques. Si Manille nous a charmée par ses multiples facettes et son héritage historique, des merveilles au cœur de la nature nous attendaient ensuite, en commençant par la région Ifugao et la découverte des rizières en terrasse de la cordillère des Philippines où nous avons passé trois jours.

 

Un voyage de nuit en bus

 

Une fois notre visite du parc Rizal terminée, Mimi et moi rejoignons Daddy B. après sa journée de travail à la gare routière de Sampaloc. La veille, j’y avais acheté auprès de la Compagnie Ohayami Trans. nos billets de bus pour Banaue, une ville nichée au cœur des montagnes de la région Ifugao à 450 kilomètres au Nord de Manille. Nous avons payé 450 php chacun (soit environ 8,50€) et avons préféré prendre également un ticket pour Mimi B. afin qu’elle ait son propre siège. Après avoir diné dans une petite cantine familiale sur des tables installées sur le trottoir, nous nous installons dans le bus. Nous partons vers 20h, le trajet se fait de nuit et doit durer environ 10 heures (il n’y a pas de toilettes dans le bus, mais une pause est prévue durant le trajet).

Trajet de nuit Manille-Banaue

 

Les voyages en bus dans les pays d’Asie du Sud-Est sont souvent loin des standards de nos cars de tourisme occidentaux. Cette fois ne fait pas exception : climatisation à fond, bus plein à craquer (même les strapontins de l’allée centrale sont occupés!), musique locale tout le long du trajet… sans compter que la route chaotique n’est pas compensée par des amortisseurs très efficaces et que la conduite du chauffeur est très… « locale »!

Dans le bus pour Batad

 

Nous avons prévu tout ce qu’il faut pour Mimi B. : un pyjama épais, une couverture polaire, sa tétine et ses doudous. Elle a l’habitude d’être trimbalée depuis un an dans nos périples asiatiques et cela ne la perturbe pas du tout. Bercée par le bruit du moteur et les tressautements de la route, elle dort tout le long du trajet. Pour nous par contre, le sommeil est plus compliqué  : malgré les écharpes et les pulls, la température intérieure du bus est vraiment fraîche et la musique est assez forte. Nous somnolons jusqu’à l’arrivée sans réussir à vraiment nous reposer.

Mimi B. dans le bus

 

Nous arrivons à 6h30 à Banaue. Nous avions lu des critiques pas toujours élogieuses sur cette ville-étape d’où l’on peut partir en trek au cœur des rizières en terrasse. Au final, nous sommes plutôt étonnés , la ville est assez jolie, même si effectivement elle a dû s’adapter à la montée du tourisme dans la région en construisant à la va-vite de nombreux bâtiments pour permettre aux visiteurs de se restaurer et de s’héberger.

Depuis le terminus du bus, nous rejoignons à pied notre guesthouse : Randy’s Brookside Inn. Nous y rencontrons Randy qui tient l’établissement et est vraiment très gentil. Il nous propose de nous préparer un petit déjeuner pendant que nous prenons le temps de faire le tri dans nos affaires. En effet, nous avons ensuite un programme chargé qui nous attend car nous ne passerons pas cette nuit, mais seulement la suivante, à Banaue. Et le reste de la journée va être sportif! Il nous faut donc emporter uniquement le nécessaire pour la prochaine nuit et de quoi boire et manger sur le chemin.

Daddy B. et Mimi B. au petit déjeuner

Vue depuis la fenêtre chez Randy's

 

Rejoindre Batad depuis Banaue, tricycle & trek

 

Après avoir repris des forces, laisser les affaires inutiles pour la suite de notre parcours à Randy, nous prenons un tuk-tuk (appelé tricycle ici, à prononcer à l’anglaise). Nous nous arrêtons à quelques points du vue pour admirer les rizières en terrasse… un simple avant-goût de ce qui nous attend!

Paysages de rizières aux Philippines

Mimi B. et Daddy B.

Rizières en terrasse Ifugao

 

Mimi, encore un peu fatiguée, finit par s’endormir dans le tricycle… un exploit quand on sait à quel point nous sommes serrés dans le side-car et sans arrêt bringuebalés par la route en très mauvais état.

Dans le tricycle

Mimi endormie

 

Sur la route, nous pouvons aussi apercevoir de petites tranches de vie locale. Une vie bien différente de celle des habitants de la capitale philippine.

Linge etendu

 

Nous arrivons au bout d’une quinzaine de kilomètres à Saddle Point, le dernier point accessible aux véhicules sur le trajet Banaue-Batad. L’endroit se résume à une petite baraque où nous pouvons acheter snacks et boissons. Mimi B. y rencontre une petite fille de son âge. C’est toujours amusant de voir à quel point les jeunes enfants communiquent facilement, sans se préoccuper d’une quelconque barrière linguistique ou d’un fossé culturel.

Mimi B. et une petite fille philippine

 

Nous y louons aussi des bâtons de marche qui nous seront bien utiles. En effet pour nous rendre à notre destination, il nous reste encore une petite heure de randonnée sur des chemins assez escarpés afin de descendre jusqu’à Batad.

Daddy B. avec un sac à dos et le porte-bébé

 

Batad… pour y aller nous n’avons pas d’autre choix que marcher. Aucune route ne mène à ce petit village entouré de rizières en terrasse majestueuses. Durant notre descente (et notre remontée du lendemain), nous croiserons plusieurs fois des locaux les bras chargés de vivres ou de tole : l’approvisionnement du village ne se fait que par ce chemin. C’est impressionnant de constater ce qu’implique cet isolement en terme de logistique. De même, les moyens de communications sont très limités, il faut remonter en haut du col pour obtenir du réseau téléphonique. Nous serons donc coupés du monde pour les prochaines 24 heures.

Mimi dans le porte-bébé

 

Une route est en construction, ce qui ne facilite pas la descente puisque toute la première partie du chemin est donc encombrée de gravas et de gros rochers. Le trajet s’apparente donc au début presque plus à de l’escalade qu’à une marche.

Daddy B. descend le chemin pour Batad

Daddy B. portant Mimi B. dans le dos

 

Ensuite on s’enfonce dans des sentiers au cœur de la forêt tropicale luxuriante et il faut supporter le climat chaud et humide. Habitués à la météo singapourienne, nous ne sommes pas surpris, mais cela vient tout de même s’ajouter à la difficulté du sentier et à nos dos bien chargés (Daddy B. portant Mimi B. et moi nos affaires pour la journée et la nuit).

Mummy B. sur la route de Batad

rencontre avec la faune locale dans la foret

Daddy B. sur le chemin

vegetation luxuriante de la foret

daddy B. et les montagnes

Vue sur la cordillère des Philippines

 

En continuant notre descente, nous rencontrons Roméo. Il passe sa vie entre Banaue et Batad et nous propose d’être notre guide pour la journée. Si nous refusons ses services pour descendre jusqu’à notre guesthouse (nous sommes presque arrivés et nous savons qu’il n’y a qu’un seul chemin pour y parvenir), nous lui proposons de nous amener jusqu’aux chutes d’eau de Tappiyah dans l’après-midi. Il nous accompagnera donc tout le reste de la journée.

 

Les rizières Ifugao, patrimoine mondial de l’UNESCO

 

La récompense de nos efforts est belle… les rizières en amphithéâtre de Batad s’offrent enfin à nous. De tous nos voyages en Asie faits durant les douze derniers mois, les Philippines nous offrent à cet instant ce que nous retiendrons comme les plus beaux paysages que nous avons été amenés à voir. Classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, ces rizières sont une véritable merveille datant de 2000 ans et construite par les tribus Ifugao dont le savoir-faire se transmet toujours aujourd’hui de génération en génération.

Panneau de Batad

Rizières en terrasse de Batad

 

Nous avons le souffle coupé devant ce travail titanesque et la beauté de la nature qui se mêle à la création de l’Homme. Si fin juin est un pari un peu risqué en terme de météo aux Philippines (on approche de la saison des typhons), nous avons beaucoup de chance car le temps est sec et nous arrivons juste avant la récolte des rizières (un peu tardive cette année là). Les paysages n’en sont que plus beaux : les plants de riz sont hauts et recouvrent les terrasses, nous offrant une vision verdoyante sublime de cette agriculture ancestrale.

Batad, isolé au milieu des rizieres

Batad, au fond de la vallée

 

Nous arrivons à la guesthouse que nous avions repérée sur plusieurs blogs de voyageurs comme celui de Thib in S’pore : Simon’s Inn. Contrairement à notre guesthouse sur Banaue, nous n’avons rien réservé à Batad et ne savons pas trop à quoi nous attendre. Simon’s Inn est en travaux, ils construisent une terrasse dans l’espace de restauration, mais continuent à louer des chambres. La vue étant l’une des plus belles que l’on peut avoir sur le village en contrebas, nous nous y installons. Au final, nous ne serons pas du tout gênés par les travaux, aucun ouvrier ne s’en étant occupé pendant notre séjour sur place. Il nous faudra juste être vigilant avec Mimi B. pour qu’elle ne s’approche pas du bord de la terrasse.

Daddy B. et Mimi B à table

 

Après une bonne bière fraîche prise en compagnie de Roméo qui nous raconte les conditions de vie et de travail des locaux, nous nous installons pour déjeuner. Au menu, Chicken Adobo (une spécialité locale à base de patates douces et sauce soja) et Chicken fried rice!

Petite bière face aux rizières

Chicken Adobo

Chicken fried rice

 

Randonnée jusqu’aux chutes d’eau de Tappiyah

 

Fatigués par la route de nuit et cette première randonnée matinale, nous donnons rendez-vous à Roméo deux heures plus tard, le temps d’une petite sieste bien réparatrice. Au réveil, nous sommes prêts à marcher au cœur des rizières. Nous enfilons nos baskets et Converse (qui nous ont toujours suffit pour crapahuter en Asie) et n’oublions pas nos bâtons de marche. Mimi est installée dans le porte-bébé (impossible de l’en descendre, les chemins escarpés et étroits au cœur des rizières sont trop dangereux pour un enfant de tout juste deux ans). Nous faisons aussi le plein d’eau, indispensable pour les 2h30 de marche qui vont suivre.

La balade commence. Guidés par Roméo, nous descendons jusqu’au village, apercevons déjà de magnifiques vues sur les maisons et les rizières et en apprenons d’avantage sur le mode de vie local.

Daddy B. en chemin pour les chutes d'eau

Linge étendu

Batad, simplement magnifique

 

Puis le rythme se fait plus soutenu et nous ne regretterons pas d’avoir accepté les services de Roméo car nous n’aurions jamais trouvé tous seuls le chemin jusqu’à la cascade. Les rizières en terrasse sont une sorte de labyrinthe gigantesque avec des passages pas toujours évidents. On marche sur les murets en pierre qui bordent les rizières, des chemins de 30 à 40 centimètres de large environ. D’un côté, le vide jusqu’à l’autre terrasse qui est 2 à 3 mètres en contrebas, de l’autre le champs de riz qui baigne dans la vase. Comme nous n’avons aucune envie de tomber d’un côté ou de l’autre, il faut donc être prudents et bien faire attention au cours de sa progression où l’on met les pieds.

Daddy B. dans les rizieres en terrasse

Maison a Batad

Daddy B. face aux rizieres

Vue en hauteur sur le village de Batad

 

A certains moments, il faut passer par dessus de grands fossés ou presque escalader certains murets pour passer d’un niveau de rizières à l’autre. Nous pouvons au cours de cette randonnée apprécier le savoir-faire des tribus Ifugao qui ont mis au point un système d’irrigation sophistiqué permettant la culture du riz à plus de 1000 mètres d’altitude.

Randonnée jusqu'aux chutes de Tappiyah

Système d'irrigation des tribus Ifugao

Une rando pas toujours facile

Le riz prêt à être ramassé

attention à la marche...

 

Ce qui nous semble parfois compliqué parait tellement simple pour notre guide! Nous croisons même des enfants qui courent au milieu de ces rizières et les prennent pour leur terrain de jeu. Quand on grandit ici, on n’a pas d’autre choix que de s’habituer à circuler au milieu de ce dédale surprenant. Nous serons tout aussi impressionnés par les enfants qui jouent dans les maisons en construction au dessus du vide. Autre civilisation, autre culture… ce qui nous semble impensable leur parait tout à fait normal.

Les enfants philippins dans les rizieres

Jouer au dessus du vide

 

La journée avance vite et il faut s’assurer de pouvoir faire le chemin du retour à la lumière du jour. En effet le soleil se couche assez tôt dans la région (vers 18h30 environ). Nous ne descendrons donc pas au pied de la cascade, mais monterons la voir depuis un point d’observation que Roméo connait. Pour y parvenir, la montée est assez raide et semble ne jamais s’arrêter. Mais encore une fois, nous ne regretterons pas l’effort physique… la cascade est impressionnante, la vue et la musique de l’eau magiques!

Cascade de Tappiyah

 

 

La B. Family devant la cascade de Tappiyah

 

Sur la route du retour, nous sommes toujours aussi émerveillés par les paysages exceptionnels qui nous entourent. La quiétude qui règne tout autour ajoute au plaisir de se promener ici. Nous croisons sur le chemin des personnes travaillant dans les rizières, ainsi que plusieurs femmes qui nous proposent de nous faire un massage à la guesthouse. Si au début nous refusons, l’une d’elle aura gain de cause et nous choisirons un massage des pieds et des jambes à notre retour. Après une bonne douche (froide… on oublie le confort moderne, ici il n’y a ni eau chaude ni climatisation), chacun à notre tour, nous profitons d’une demi heure de détente et… nos mollets nous remercient!

Mummy B. dans les rizières

La B. Family à Batad

Femme travaillant dans les rizieres de Batad

 

Nous dinons à la guesthouse…. dans le noir (ou presque)! En effet, à la tombée de la nuit, la terrasse est envahie de grosses libellules. Attirées par la lumière, l’invasion est massive. Rapidement c’est plus d’une centaine de grosses bestioles qui volent un peu partout et se posent sur nous. Mimi B. n’apprécie franchement pas cette rencontre avec la faune locale… et en fait nous non plus! Pour s’en débarrasser, l’astuce locale est simple : n’allumer qu’une seule lumière avec une bassine en fer remplie d’eau en dessous. Attirées par le reflet de l’ampoule dans la bassine, les insectes y tombent et s’y noient.

Comme vous vous en doutez, la vie nocturne du village n’est pas des plus trépidantes. Cela nous arrange bien, épuisés par cette journée assez sportive, nous nous écroulons dans notre chambre pour reprendre des forces pour le lendemain.

Daddy B. et Mimi B. endormis

Mimi B. épuisée

 

Surpriiiises! Merci les copains!!!
Meadow Homes Spray Park, on s'amuse au waterplay! (Concord, CA)

5 Réponses

  1. Que c’est beau !! On est transporté dans un autre monde ! Les efforts en valaient les peines on dirait 🙂

  2. Quel voyage!!! Magnifique , des paysages splendides!

  3. Superbe article !! qui transmet très bien la beauté du paysage et les sensations que vous avez pu avoir… on a l’impression d’être avec vous !

  4. Superbe! Tu nous vends du rêve 🙂

  5. Entre le bus et la rando… Mais les paysages en valent la peine. Tellement ! C magnifique, ça donne trop envie de partir et de découvrir ce coin de paradis sur Terre. Très bel article et jolies photos

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