Déménager à l’étranger en 6 étapes : de Singapour à San Francisco

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By Mummy B.

 

1) Opération Ménage de printemps… en été!

 

On distingue souvent deux grandes périodes de départ/arrivée chez les expat’ : les grandes vacances d’été et Noël. Nous n’aurons encore une fois pas échappé à la règle en partant courant juillet de Singapour. Mais avant de s’envoler vers la Mère Patrie, il a fallu s’attaquer aux démarches pré-départ… et autant dire qu’il y en a! Un véritable ménage de printemps… en été!

 

Trier : Oui, parce qu’en quelques mois (alors que dire quand il s’agit de plusieurs années ou décennies), on en accumule des choses. Et quand on a un enfant, en bas âge de surcroît, on peut parler de bordel exponentiel. Il faut donc décider dans quelle catégorie chacun de nos effets personnels va atterrir… « poubelle », « valises », « cartons », « garage sale », « don »… et ce n’est vraiment pas simple! On voudrait tout emporter mais la raison (et le budget aussi… forcément!) l’emporte et il faut quand même se coller à cette épreuve stratégiquement et psychologiquement éreintante du tri. Bref, à la fin, l’appart semble être la scène d’un terrible triangle amoureux: soi-même et puis d’un côté ce qu’on garde, de l’autre ce dont on se sépare. Mais ne croyez pas que ça s’arrête là! Reste encore à faire les valises, vendre ce qui doit l’être, jeter, donner…

 

tas d'affaires à trier avant le déménagement

tri des vêtements pour les valises

 

Classer : Ah ah! Encore une partie de plaisir! L’extase, le kif total… et totalement gratuit avec ça! La paperasse! Des monceaux de documents qui s’abattent sur ta petite tête de linotte. Parce que, comme moi, tu déposes ton courrier à l’arrache dans un tiroir, le genre de tiroir que tu préfères oublier. Un tiroir que tu as tendance à prendre pour un portail spatio-temporel, une porte secrète vers le Monde de Narnia, une sorte de no man’s land de ton appart’ ou de Cité Perdue de ton salon… Bref un tiroir où s’est entassé pas mal de trucs plus ou moins importants que tu as naïvement cru qu’ils allaient se trier tous seuls comme des grands ou disparaître comme par magie. Oui… mais non! Dommage!

Alors, encore une fois, il faut déterminer ce qu’on va devoir absolument avoir sur soi pendant nos semaines d’errance (heu… de vacances), ce qui peut partir en bateau pour l’Amérique (et donc être totalement inaccessible pendant plusieurs semaines) et ce qu’on peut détruire (ah le beau feu de camp!!!). Quelques heures, voire jours selon le degré de motivation et d’efficacité, seront nécessaires à sortir la tête de la tonne de papier que l’on n’aura pas triée pendant les dernières semaines/mois/années (rayer les mentions inutiles).

 

 

Résilier : Téléphone, TV,  internet, électricité, compte bancaire,… et j’en passe dans le nombre de forfaits à clôturer. Cautions versées à récupérer, et parfois interruption du bail de l’appartement… Il faut mettre fin à tous les contrats pris, rompre les engagements encore en cours… bref se prendre pour le Dexter de la convention, le serial killer de l’accord commercial, le sniper des frais de rupture de contrat. Rien que ça! Et pour finir effacer toutes traces de notre passage, ne laisser qu’une terre brûlée derrière nous… Attila et ses Huns version bureaucrate. Ou presque!

 

 

2) Garage sales

 

Le garage sales… En english please, parce que c’est carrément plus fun que le presque ringard vide-grenier! Mais bon, pas d’illusions, c’est la même galère qu’on parle la langue de Molière ou de Shakespeare! Il faut d’abord définir ce qui est encore en état d’être vendu (mais qui ne sera pas utile ou rentable à amener dans notre nouveau petit nid douillet au royaume de Far Far Away). Puis déterminer un prix… le bon prix, le « juste prix » comme pourrait le dire Philippe Risoli ou Vincent Lagaff’… celui qui donnera l’impression à l’acheteur de faire une bonne affaire mais qui nous ne tirera pas des larmes d’amertume au moment de l’échange.

 

chaussures à vendre lors de notre vide-grenier

 

Pas toujours facile. Surtout quand il s’agit de vendre à des inconnus la petite robe que Mini-Nous portait à son premier anniversaire ou encore le robot flambant neuf qui n’a ni le bon embout électrique ni le bon voltage pour être utilisable ( voire même survivre) in United States. On a toujours l’impression de brader un peu ses affaires, ses souvenirs, sa vie… soi-même en quelque sorte.

affaires de plage à vendre

 

Heureusement en dehors des heures de torture mentale et physique à photographier le moindre objet susceptible de faire grossir la cagnotte de départ, étiqueter le prix sur chaque article pour s’épargner les questions incessantes le jour J, les négociations au dollar près avec certains acheteurs rad… économes, on peut aussi s’amuser un peu en jouant à la marchande « comme quand on était petite ». Et si on s’arrange pour faire le garage sales avec une copine, on s’assure même de bonnes heures de papotages et de fous rires!

 

fatigue post-garage sale
Même le chien est épuisé! Even the dog is exhausted!

 

3) Dire Au revoir

 

La partie (ou party…) pas marrante, celle qu’on repousse, qu’on dénie, qu’on voudrait dédramatiser. Mais la date du départ approche alors il faut bien… Dire au revoir. La Farewell Party comme on dit, parce qu’encore une fois en anglais ça donne un petit côté presque rigolo à cette fête à deux vitesses où l’on est à la fois partagé entre le bonheur et l’excitation de partir vers de nouveaux horizons, de réaliser notre rêve américain mais aussi la tristesse de devoir déjà se quitter alors que la complicité et l’amitié grandissante commençait à vraiment nous faire sentir chez nous à Singapour.

Alors après la grosse fête qui réunit tout le monde, on se revoit en petit comité et on fait le plein de rires, de discussions à refaire le monde et de confidences. On se promet de se revoir, de se donner des nouvelles, que la porte californienne sera toujours ouverte pour nos potes du bout du monde et on espère de tout notre cœur que ces liens particuliers créés sous les tropiques tiendront la distance et le temps.

 

Mimi B. et Petit H., best friends in Singapore

 

4) Les déménageurs

 

Et puis le grand jour arrive. Celui où on l’on voit débarquer chez soi 6 Monsieur Muscle de Asian Tigers Mobility, les bras chargés de cartons et de scotch qui viennent mettre en boite toute notre vie singapourienne. Emballés les souvenirs, enveloppée la vaisselle, entassés les jouets, les livres, les DVD, embarqués les vêtements! Hop, en deux temps trois mouvements (ou plutôt en une heure et demi), presque 7 mètres cube de boites siègent dans le hall de l’immeuble en attendant d’être chargés dans un camion, puis un bateau en partance pour San Francisco. Dans ces moments là, on prend toute la mesure de l’expression « ça déménage »!

 

Mimi, toute petite à côté des cartons Please pack post-it

camion de déménagement prêt à partir

 

Il faut aussi expliquer à notre pitchoune de 2 ans que ses jouets vont traverser les océans et l’attendront dans sa nouvelle maison, lui faire choisir ses préférés qu’elle trimbalera au début le cœur gros dans un petit sac à dos. Un sac qui lui serra difficile de lâcher, de peur que ses complices triés sur le volet se fassent la malle eux aussi. Pas facile pour notre princesse de comprendre ce qui ce passe dans la tête de papa et maman.

Dans ces moments là, nos bouts de choux on les trouve soudain très matures et courageux du haut de leur 90 centimètres et quelques.

Mimi B. et son fidèle sac de jouets

 

5) Les virées touristiques de dernière minute

 

Avant de s’en aller pour de bon, on essaye de cocher toutes les cases de notre liste « A faire autour et à Singapour ». Les dernières visites, les derniers restos, les derniers bruits, odeurs, saveurs… Une conclusion explosive, un bouquet final de première catégorie pour les yeux, les papilles et les oreilles. Encore une dose d’Asie, une dernière avant de voler vers le Nouveau Continent.

 

Photo de famille à Marina Barrage, Singapour

 

Bien sûr on ne fait pas la moitié de ce qu’on s’est promis de faire. Pas le temps, la tête dans les démarches administratives, les mains dans les affaires à trier, les pieds qui courent dans tous les sens… mais quand même, on s’offre une dernière journée singapourienne pour se rappeler les découvertes et les émerveillements du début. Et puis le taxi, le GPS en mode touriste, qui nous amène à l’aéroport en traversant Chinatown, Little India, qui repasse devant Marina Bay Sands, Singapore Flyer, ArtScience Museum… et enfin la Skyline qui s’éloigne petit à petit à l’horizon et nous laisse le ventre serré, les yeux brillants, la tête remplie de tous ces moments d’exception passés ici… 13 mois… Une éternité passée à la vitesse de l’éclair ou quelques jours qui semblent s’étendre sur toute une vie… C’était long, c’était court, on ne sait plus trop. C’était intense, ça, c’est sûr!

 

Dernières photos de Singapour

 

Singapour tu m’auras agacée, lassée, énervée, fatiguée… mais je ne t’oublierai jamais car tu m’as aussi ouvert à un monde totalement inconnu, un univers à l’architecture extravagante, aux technologies pointues, à l’histoire impressionnante, à une mixité sociale et ethnique délirante et aux nombreux endroits magiques… une ville où parfois certains instants semblent suspendus dans le temps… Je pars avec une certitude qui ne me lâche pas : Singapour… on se reverra!

 

répétition feu d'artifice NDP 2014

 

6) Faire face aux imprévus

 

Initialement nous devions rentrer tout le mois d’août en France et prendre un avion début septembre pour San Francisco. Oui, mais les choses ne se passent pas toujours comme prévu.

 

Pour partir aux Etats-Unis, il nous fallait le sésame de tout futur expatrié : le visa. Pour se faire, nous avions rempli en ligne un formulaire avec tout un tas de questions très intelligentes comme « Venez vous aux Etats-Unis pour vous prostituer? » ou « Etes vous un membre ou un représentant d’une organisation terroriste? »… Nous y avons joint tout une liasse de papiers qui devait prouver que Daddy B. allait bien avoir un travail sur place, que Mummy B. est bien l’épouse de Daddy B. et Mimi B. leur fille.

Puis nous avons attendu que l’Ambassade des Etats-Unis à Paris fixe un rendez-vous pour nous recevoir et valider notre demande de visa. Nous nous attendions à y aller courant août, mais les lenteurs administratives et l’inactivité parisienne ce mois-là ont repoussé la date au 22 septembre.

 

 

Un décalage de trois semaines durant lesquelles Daddy B. s’est tout de même rendu en Californie pour commencer à travailler pendant que Mummy B. et Mimi B. restaient en France. Trois semaines de séparation qui n’étaient pas prévues…

 

Ce ne fut pas la seule péripétie… Le transport de Doggy B. fut aussi assez problématique et compliqué (pas facile de trouver une compagnie aérienne qui accepte de transporter un chien en soute). Tout comme notre trajet pour San Francisco : la correspondance à Chicago était trop courte (il nous fallait passer l’immigration qui était bondée, récupérer nos valises et le chien, faire vérifier les papiers de Doggy B., puis réenregistrer le tout, changer de terminal et passer la sécurité de nouveau bondée : un vrai parcours du combattant!) donc nous avons raté notre deuxième avion qui lui arriva avec 1h30 de retard… un voyage bien long et fatiguant!

Mais le plus important, c’est que l’on soit enfin réuni et bien arrivé… et que l’on profite de chaque jour!

 

 

Sur la route... direction San Francisco!

Vue panoramique de San Francisco

 

Et vous le grand départ, il s’est organisé ou s’organise comment?

 

 

Notre premier Pumpkin Patch (Clayton, California)
On a testé The Cheesecake Factory (Walnut Creek, CA)

11 Réponses

  1. Oh une nouvelle voisine!!!! On avait pas fait dans le simple niveau déménagement (Suisse-France puis France-SF) mais là je vois que vous avez fait pas mal aussi!

    A bientot en Californie!
    Karine

    • Eva B

      J’ai un peu suivi vos aventures sur ton blog. Effectivement pas simple non plus! Maintenant qu’on est là, reste plus qu’à profiter!!! A bientôt!

  2. Rien que de le lire, ca m’épuise! On a juste traversé la mer d’Irlande, mais on a tout laissé la bas (enfin tout vendu). On a débarqué ici avec juste 4 cartons, remplis de jouets et de photos! Ça fait bizarre de recommencer à zéro, mais finalement, c’est plus simple!

    • Eva B

      Au final ça s’est plutot bien passé et le plus épuisant (comme pour Singapour) a été de gérer les formalités et le transport du chien. On s’est vraiment demandé si on allait réussir à l’emmener avec nous! Heureusement tout est bien qui finit bien, on a pu arrivé ensemble, tous les 4!

  3. Apres quasi 7 ans a Singapour, nous arrivons – si tout va bien – a San Francisco en janvier ! Merci pour ton article super interessant et a bientot la bas peut-etre !

    • Eva B

      Nous serons rester beaucoup moins longtemps à Singapour! Mais j’imagine quand même très bien par quoi vous devez passé ces prochaines semaines. Je vous souhaite beaucoup de courage et vous envoie plein de bonnes ondes positives pour ce grand déménagement. A bientôt sur SF peut-être! 🙂

  4. Bienvenue dans le coin ! 😉

  5. Eh bien, que d’aventures! Mais l’important, c’est d’y avoir survécu, et que vous soyez réunis 🙂

    • Eva B

      Oui comme tu dis, le plus important c’est qu’on soit ensemble maintenant. Je devrais aussi être un peu plus disponible pour la photo du mois (quoi que le pointage risque d’être un peu difficile maintenant que je suis à -9h avec la France…).

  6. merci pour tous ces détails sur le déménagement a l’étranger qui reste une étape importante d’une vie et un projet d’envergure

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