Thaï trip Jour 6 (2/2) : Pourquoi faut-il dormir à Koh Panyee ?

Classé dans : Thaïlande | 6

By Mummy B.

 

Après notre promenade à bateau au cœur de la Baie de Phang Nga, nous nous dirigeons vers Koh Panyee (qu’on écrit aussi Koh Panyi). La première vision qu’on en a est assez hallucinante. Là, au milieu des rochers karstiques, appuyé à l’un d’entre eux, un petit amas de planches de bois et de maisons au toit de taule s’érige devant nous.

De loin, Koh Panyee ne semble pas très grande, mais plus on s’approche et plus on se rend compte que le village est vaste et dense. La communauté qui habite ici est majoritairement musulmane, ce qui explique la grande mosquée dorée aux allures de palais oriental que l’on voit d’assez loin. La population est constituée d’un peu plus de 300 familles réunissant un total d’environ 1500 habitants. Village de pêcheurs, il ne comptait  à sa création au 18ème siècle que deux familles de nomades originaires d’Indonésie et à la recherche de la Terre Promise.

C’est seulement à la fin du 20ème siècle que le facteur du village proposa aux habitants de faire visiter l’île à quelques voyageurs pour compléter les ressources insuffisantes amenées par la pêche. Les tours-opérateurs se sont saisis de cette opportunité. Koh Panyee est devenu depuis une étape incontournable de leurs excursions et voit débarquer désormais des flots de touristes tout au long de la journée lors de la saison haute. Ainsi, si  la pêche est encore le principal secteur d’activité des villageois, l’île devient de novembre à janvier/février un grand magasin de souvenirs flottant, dénaturant totalement le pittoresque du lieu et les relations humaines entre voyageurs et locaux.

Après l’authenticité de Koh Yao Noi, nous étions bien conscients du choc qui nous attendait en étant confrontés de manière aussi radicale au tourisme de masse. Nous avions donc décidé de voir les deux visages de Koh Panyee en optant pour une nuit sur place. Un nombre infime de voyageurs font ce choix et nous nous sommes vraiment sentis privilégiés de découvrir l’autre vie des gitans de la mer.

Notre guide, a qui nous avons précisé que nous souhaitons loger sur l’île ce soir là, nous dépose directement au seul et unique hôtel du village : le Jamesbond Bungalows. Nous savions qu’il existait de part les forums et blogs de voyageurs, mais aucune coordonnée n’est disponible sur internet. Nous n’avons donc pas pu réserver en avance notre chambre.

Entrée du Jamesbond Bungalows depuis le village
Accès direct à l’hôtel par la mer

Il n’y a personne à l’accueil. Nous partons donc avec notre guide dans le dédale de rues flottantes qui constitue le village, à la recherche de la propriétaire qui travaille également la journée dans une boutique. Il lui reste plusieurs chambres. Nous sommes rassurés car nous rejoignons aujourd’hui nos amis parisiens qui font un grand voyage à travers l’Asie du Sud-Est (Thaïlande-Malaisie-Singapour-Hong Kong). Il nous faut donc 3 chambres. Le prix pour la chambre (diner et petit déjeuner pour 2 compris) est de 1600 bahts (soit 36€).

Avant de commencer notre visite, nous cherchons un endroit où déjeuner. Il y a beaucoup de restaurants pour les touristes, remplis et aux prix pas très attrayants. Nous optons finalement pour quelque chose de plus simple. Une pièce entièrement ouverte sur les allées du village où une petite dame nous propose un riz frit aux légumes pour 2 à 100 bahts (soit 2,30€), ce sera le repas le moins cher du séjour. Et si la salle ne semble pas très propre et assez désordonnée au premier abord, nous avons le plaisir de voir la cuisinière travailler devant nous et nous préparer un plat simple mais délicieux.

Nous entamons ensuite la visite du village et ne pouvons que nous rendre à l’évidence. Ce que nous avons lu est vrai :  nous sommes réduits à déambuler dans des allées encombrées de stands d’objets et gadgets en tout genre, absolument pas authentiques ou artisanaux puisqu’on découvre les mêmes articles un peu plus loin. Nous ne cessons de nous faire alpaguer par les nombreuses vendeuses, ce qui rend le parcours encore plus pénible. Il faut même parfois jouer des coudes avec les autres touristes pour se frayer un chemin.
Trop de bruit, trop de monde et nous avons l’impression de n’être sollicité que pour ouvrir notre porte-monnaie. Après avoir passé une heure à faire le tour de tout ça, nous décidons de rentrer à l’hôtel nous reposer et attendre nos amis qui doivent arriver en fin d’après-midi.
Apparemment Mimi B. n’est pas trop fan non plus…

Quand la petite troupe de quatre célibataires arrive à l’hôtel, on sait que le reste des vacances va prendre une autre tournure. C’est aussi un peu pour cela que nous voulions passer les derniers jours à Phuket où on s’attend à faire la fête. Mais pour se retrouver, la douceur d’une fin de journée sur Koh Panyee est idéale. Il est presque 17 heures, les derniers bateaux de touristes sont partis. L’île retrouve une certaine quiétude et nous décidons donc de retourner nous promener dans les allées qui sont désormais vides. 

Les vendeuses rangent leurs stands, les enfants courent un peu partout, les jeunes se réunissent pour écouter de la musique au bord de l’eau et chacun reprend ses habitudes. On parvient enfin à réaliser ce que peut être le quotidien de ces familles de pêcheurs.
Et voilà… Mimi B. est ravie!
Les gens sont plus avenants notamment avec Mimi B. qui est encore une fois au centre de l’attention, ses bouclettes faisant fureur en Asie. La plupart des restaurants sont maintenant fermés mais nous arrivons à nous installer pour boire un verre avec vue sur la mer.
En rentrant à l’hôtel pour dîner, nous nous perdons dans les allées et tombons sur le terrain de football de l’île qui fait également office de cour de récréation. L’ambiance est familiale et joyeuse. D’un côté, les enfants ont sortis les vélos et les trottinettes, ça court dans tous les sens, ça rigole, ça se chamaille gentiment. De l’autre, c’est un peu plus sérieux, le football est roi et ça joue plutôt bien. Nous nous arrêtons un peu pour profiter de cette tranche de vie.
Le football a une histoire très particulière à Koh Panyee. En effet c’est suite à la coupe du monde au Mexique en 1986 qu’un véritable engouement pour ce sport est né chez les enfants de l’île. Mais au milieu de l’eau, impossible d’y jouer. Courageux, ils ont décidé de fabriquer eux même leur terrain de fortune. A force d’entrainement et de persévérance, l’équipe a maintenant atteint un très bon niveau et fait partie des meilleures équipes de Thaïlande.
J’ai découvert ce petit court métrage qui revient sur cette histoire touchante :
Le soir un véritable festin nous est servi à l’hôtel : poulet au curry, omelette, salade de choux, poisson grillé aux légumes, riz frit aux légumes… Chaque plat est excellent et nous nous régalons.
Pour digérer, nous nous installons sur la terrasse pour discuter ensemble le reste de la soirée. De toutes façons, il n’y a rien à faire le soir à Koh Panyee. Et puis 6 copains qui se retrouvent après plusieurs mois, à l’autre bout du monde, ça en fait des choses à se dire!
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6 Réponses

  1. Nihao ! Je viens de te nominer pour le liebster award 😉
    http://cestduchinois.kazeo.com/edit/les-cancres/nomination-au-liebster-award,a4024825.html

    • Oh merci beaucoup pour cette nomination! J’ai encore pas mal d’articles en retard, mais dès que ça se calme un peu, je m’engage à répondre à tes questions! J’imagine que la suite de votre voyage continue à vous en mettre plein les yeux, je suis ça de près! 🙂

  2. Moi je te décerne toute mes félicitations pur ces beaux billets qui me font rêver !

  3. Bonjour Mummy B !
    Tout d’abord : merci, merci, congrats, bravissimo, merci pour cet article, et pour votre récit plus généralement ! Nous préparons notre road trip du mois prochain en Thailande et votre site est de loin notre favori ! En ce moment, il est même notre livre de chevet 😉 Au fil de nos lectures, vous nous avez donné de découvrir tel ou tel site, telle ou telle ile .. Il y a quelques minutes, nous ignorions l’existence de Koh Panyee. Désormais il n’est pas concevable que nous n’y passions pas une nuit. Tu indiques qu’à votre passage, il n’était pas possible de réserver au préalable un bungalow. A tout hasard, avez vous pu récupérer un contact sur place ? Un mail ou autres ? Nous imaginons que le lieu est davantage connu aujourd’hui qu’il y a quelques années. Nous partons en pleine saison et avons peur de ne pas pouvoir trouver de quoi se loger ! Par ailleurs, peux tu s’il te plait nous indiquer l’endroit duquel il faut partir (et comment ?) pour se rendre sur le village flottant ? Merci beaucoup de ton aide précieuse, Mléna

    • Eva B

      Bonjour Lena et merci beaucoup pour ton adorable message! C’est toujours un plaisir de savoir que le blog plait et est utile. 🙂 C’est vrai que dormir à Koh Panyee, c’était vraiment une belle expérience et nous en gardons de supers souvenirs. Je t’avoue que je t’envie un peu d’y aller, l’Asie nous manque parfois! 🙂

      Pour dormir sur place, nous n’avons pas récupéré de contact. J’avais eu beaucoup d’infomations sur le site voyage-forum, n’hésite pas à poster un message dessus, la communauté est en général chaleureuse et pleine de bons conseils et contacts.

      Le lieu était en fait déjà très connu, c’est une étape quasi incontournable pour les tour-operators venant de Phuket, mais c’est passer la nuit sur le village flottant qui est plus inhabituel. Nous étions aussi sur place en saison haute et n’avons pas eu de soucis à trouver de quoi se loger pour nos amis et nous.

      Pour arriver au village, comme je l’explique dans l’article, nous n’avons pas fait le trajet classique depuis Phuket, mais sommes arrivés après la visite de la Baie de Phang Nga. Il nous a suffit de négocier ça sur place au petit port de la ville de Phang Nga oú nous étions arrivés en ferry local depuis Koh Yao Noi (une seule entreprise se chargeait des tours, on n’a pas tellement eu le choix). Depuis Phuket, nos amis avaient réservé le tour classique pour Koh Panyee avec les autres touristes en précisant au guide qu’ils resteraient sur place dormir et ne feraient pas le trajet retour.

      Globalement, nos souvenirs de Thailande (on y est allé deux fois), me rappellent qu’on avait peu besoin de préparer à l’avance mais qu’il fallait compter sur les locaux et leurs conseils. Ils trouvent toujours une solution pour toi, meme si ce n’etait pas forcément ce que tu avais prévu à l’origine. 🙂

      Beau voyage à toi!

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